Les gilets jaunes et le mépris de classe

 

Le mouvement des gilets jaunes m’a beaucoup perturbée idéologiquement, comme beaucoup de personnes de gauche, je pense. Ce mouvement à été lancé au départ par un ancien membre du Front National (viré depuis pour propos racistes) ce qui n’augurait à mes yeux rien de bon. Les débuts du mouvement ont été marqués par des incidents à tendance fasciste, à base de dénonciation de migrant et d’insultes racistes, homophobes j’en passe et des meilleures.

Cependant il y a une personne dans ma vie qui me pousse sans cesse à me remettre en question et ne rien tenir pour acquis. Il m’a rapidement fait comprendre que me braquer par rapport à des faits de ce type revenait à résumer un mouvement à l’hétérogénéité inédite à quelques faits soit, choquants, mais minoritaires. De plus je trouvais dans mon argumentaire face aux gilets jaunes des relents de classisme qui me rebutait particulièrement. Je ne voulais pas faire partie de la France en Marche qui méprise les prolétaires par principe. Cette mobilisation est importante car elle politise des gens qui ne se mobilisent jamais, autour d’un sujet de base assez trivial mais essentiel. Oui,  la plupart des gens ont besoin d’essence pour aller travailler et donc vivre voire survivre pour certain d’entre eux.

Je suis assez orgueilleuse sur mes idées politiques. Mais j’ai donc décidé d’ouvrir mes chakras et comprendre ce mouvement au lieu de m’enfermer dans un rejet basique.

Je suis d’extrême-gauche à tendance anarcho-syndicaliste, et surtout foncièrement anti-raciste, anti-fasciste et tout ce qui va avec. Mais mon rêve de grand soir se rapproche avec ce mouvement. Il est soutenu par la majeure partie des français ce qui me semble assez inédit et plutôt prometteur. Donc que faire ?

Je suis encore en attente de voir ce qui se passe. Les conflits sociaux de la fin de l’année scolaire dernière m’ont bien fatiguée au niveau de mon militantisme et je tombe parfois dans l’écueil du nihilisme. J’attend cependant beaucoup de ce type de mouvement dont la spontanéité m’étonne encore. Une autre société est possible avec plus de solidarité, plus de débat, plus de démocratie participative…

Les prochains jours seront déterminants, il faudra choisir un avenir commun. C’est l’occasion de pousser pour un changement complet de paradigme de société. Encore faudrait-il qu’un consensus se crée autour de cette volonté. Le fantôme de mai 68 plane au dessus de cette mobilisation : d’ici quelques mois les gens iront-ils voter pour l’ordre et la sécurité ? Les gilets jaunes deviendront-ils à leur tour le symbole d’une révolution manquée ?

PK