Et où est ce que tu trouves tes protéines ?!

Le 17 décembre 2018 sur le site du Forum Économique Mondial est publié une étude sur le véganisme au titre choc : « Vegan diets could be adding to malnutrition in wealthy countries » (Le véganisme serai créateur de malnutrition dans les pays riches ndlr). 

Alors oui comme n’importe quelle alimentation, on peut avoir des carences en étant végétalien, tout comme on peut l’être en étant carniste. En effet les notions en nutritions de monsieur tout-le-monde sont généralement limités. J’ai longtemps eu absolument aucune connaissances dans ce domaine jusqu’à ce que je devienne végane. Car oui au bout d’un moment quand toutes les personnes que je croise veulent m’expliquer que je vais mourir pétri.e de carences, j’ai envie de pouvoir répondre de manière précise et étayée. Ainsi je me suis rendu.e compte que toute ces personnes qui avaient l’air d’être nutritionnistes étaient tout simplement mal ou pas du tout informés sur le sujet. 

Alors n’y a-t-il que les végétaliens qui soient en mauvaise santé de part leur alimentation ? Cela me semble être une affirmation bien erronée. De fait, de nombreux rapports mettent en avant les dangers d’une alimentation carnée. On peut également estimer que n’importe quel type d’alimentation, si elle n’est pas équilibrée, va causer des carences et donc une mauvaise santé. 

Donc dans son article le Forum Économique Mondial donne la moitié de la vérité : oui le végétalisme peu créer des carences mais non ce n’est pas spécifique à ce régime alimentaire. C’est, j’estime, une attaque un peu facile faite au véganisme mouvement décrié encore et toujours à l’aide de demi vérité. 

La question que nous devons réellement nous poser c’est celle de l’éducation à la nutrition. Il faut que chacun puisse comprendre l’intérêt d’une alimentation équilibrée, d’un côté comme de l’autre du spectre alimentaire. De plus il est important qu’en tant que végétalien nous soyons conscients que la remise en question des dogmes nutritionnels (les produits laitiers sont nos amis pour la vie etc.) nous amène aussi à croire à tout et n’importe quoi sur le sujet. Nous devons donc rester très vigilants et sans cesse remettre en question ce que nous tenons pour acquis, puisque les carnistes en sont souvent incapables #touchepasàmonsteak.

PK

 

Les gilets jaunes et le mépris de classe

 

Le mouvement des gilets jaunes m’a beaucoup perturbée idéologiquement, comme beaucoup de personnes de gauche, je pense. Ce mouvement à été lancé au départ par un ancien membre du Front National (viré depuis pour propos racistes) ce qui n’augurait à mes yeux rien de bon. Les débuts du mouvement ont été marqués par des incidents à tendance fasciste, à base de dénonciation de migrant et d’insultes racistes, homophobes j’en passe et des meilleures.

Cependant il y a une personne dans ma vie qui me pousse sans cesse à me remettre en question et ne rien tenir pour acquis. Il m’a rapidement fait comprendre que me braquer par rapport à des faits de ce type revenait à résumer un mouvement à l’hétérogénéité inédite à quelques faits soit, choquants, mais minoritaires. De plus je trouvais dans mon argumentaire face aux gilets jaunes des relents de classisme qui me rebutait particulièrement. Je ne voulais pas faire partie de la France en Marche qui méprise les prolétaires par principe. Cette mobilisation est importante car elle politise des gens qui ne se mobilisent jamais, autour d’un sujet de base assez trivial mais essentiel. Oui,  la plupart des gens ont besoin d’essence pour aller travailler et donc vivre voire survivre pour certain d’entre eux.

Je suis assez orgueilleuse sur mes idées politiques. Mais j’ai donc décidé d’ouvrir mes chakras et comprendre ce mouvement au lieu de m’enfermer dans un rejet basique.

Je suis d’extrême-gauche à tendance anarcho-syndicaliste, et surtout foncièrement anti-raciste, anti-fasciste et tout ce qui va avec. Mais mon rêve de grand soir se rapproche avec ce mouvement. Il est soutenu par la majeure partie des français ce qui me semble assez inédit et plutôt prometteur. Donc que faire ?

Je suis encore en attente de voir ce qui se passe. Les conflits sociaux de la fin de l’année scolaire dernière m’ont bien fatiguée au niveau de mon militantisme et je tombe parfois dans l’écueil du nihilisme. J’attend cependant beaucoup de ce type de mouvement dont la spontanéité m’étonne encore. Une autre société est possible avec plus de solidarité, plus de débat, plus de démocratie participative…

Les prochains jours seront déterminants, il faudra choisir un avenir commun. C’est l’occasion de pousser pour un changement complet de paradigme de société. Encore faudrait-il qu’un consensus se crée autour de cette volonté. Le fantôme de mai 68 plane au dessus de cette mobilisation : d’ici quelques mois les gens iront-ils voter pour l’ordre et la sécurité ? Les gilets jaunes deviendront-ils à leur tour le symbole d’une révolution manquée ?

PK